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Cette fois ci, c’est Murphy

Le titre casse un peu le suspens… eh non, le mat n’est toujours pas remonté. 

Et pourtant j’avais mis toutes les chances de mon côté, départ dès le vendredi soir sur le bateau pour faire tout ce que je pouvais faire et le lendemain aller au ship du port commander mes haubans à la première heure. Le soir donc, je repasse mes drisses, je fais tremper mes tiges filetées dans du vinaigre blanc, et surtout je range en profondeur le carré transformé en atelier. Tout est au cordeau, ce qui devra repartir après le rematage du lendemain est dans un coin, ce qui me sera utile bien accessible, la caisse à outil organisée avec les clés dans l’ordre… bref, si ça se passe mal demain, je n’y suis pour rien !

Ambiance tranquille

Rassuré, je passe une excellente nuit sur l’eau.

Le lendemain matin, sitôt le ship ouvert, j’y file avec le ridoir qui leur manquait pour déterminer la longueur de mes haubans. Avec ces pièces en main, on m’assure qu’en début d’après midi, j’aurai mes pièces neuves.

Tranquille le matin

Rassuré encore, je retourne au bateau et fabrique un nouveau support pour le mat. Les croix que j’utilisais jusque là n’étaient vraiment pas pratiques pour faire coulisser le mât dessus (en fait ça coulissait pas du tout, il fallait porter le mât en sauts de puces). Là, je me donne un système avec des petits rouleaux sur un axe, normalement, ça doit se faire tout seul. Et je ne suis pas mécontent de moi, tout se déroule comme prévu, hop, quelques coup de perceuse, hop, la scie sauteuse, hop, la Dremel… tout se pose impeccablement en place. Super !

Après tant de réussite, on continue avec des activités fort agréables : un peu de matelotage. La patte d’oie de mon pataras qui est faite en câble inox pique les doigts (j’apprendrai le midi qu’on appelle ça des gendarmes)… signe là encore qu’il faut penser à agir. J’avais acheté le matin un petit bout de dyneema pour remplacer le câble… je dois faire deux épissures, une à chaque extrémité. Je sais faire, on avait vu ça en septembre dernier et j’ai tous mes outils dans le bateau (il faudra quand même que je rende ses ciseaux à ma fille, d’abord ce sont les siens, ensuite, ils ne sont pas du tout adaptés à la tâche :)).

Et ça roule encore, je fixe l’étai en haut du mât pour la suite, et ça, c’est vraiment pas si simple. L’axe inox est bloqué par une petite cadène juste dessous. J’en avais bavé à l’enlever, j’en bave encore plus à le remettre. Mais voilà, un marteau et une tige de clé à bougie feront l’affaire. Mon étai est en place. Je me fais alors la reflexion que mes poulies toutes neuves sont un peu trop près de mon enrouleur et note de prendre des manilles plus courtes. En pied d’enrouleur, je centre l’oeil de l’étai avec des rondelles, et ça me plaît, je vais manger satisfait de ma matinée, avec un peu de chance, je trouverai Bernard qui est en route pour le port…

Il m’avait laissé un message en partant, et en toute logique il devrait être là. Je lui passe un petit message mais je n’ai pas de réponse. Je suppose qu’il est occupé, et cherche une cantine pour le midi. J’essaye « Chez Mélanie », l’accueil est sympa, ce n’est pas cher, le service est *très* rapide, mais bon… Je finis par avoir Bernard qui lui a la chance d’être dans un autre restaurant. Je me mets en route pour le rejoindre et en arrivant on me hèle : « vous cherchez Bernard ? – oui ? – il est aux … [périphrase très longue pour évoquer un mot très court] ». Je fais connaissance avec son compagnon de table, un gars très sympa visiblement plein d’expérience, et qui a un Ovni 39. J’explique mes travaux et au moment de se quitter pour aller chercher mes haubans tout chauds, il me lance un « tu connais Murphy ? ». Oh que oui, je le connais, mais je jure ne pas le croiser de si tôt !

Le magasin est juste à côté, je vois mes haubans derrière la caisse, on me les tends, et là un doute me saisit, je ne vois que 4 extrémités et il y a le nouveau et l’ancien : « euh… j’avais commandé deux haubans… » Et là, le patron de venir à ma rencontre avec un grand sourire commercial : « c’est que je suis à bout de câble, je n’ai pu en faire qu’un… il ne me reste qu’un mètre de câble ».

Et patatrac, voilà comment mes espoirs d’île de Groix, de Belle Ile et leurs petites soeurs en flotille se sont effondrés. Quand bien même j’aurais mes haubans la semaine prochaine, je n’aurai pas vraiment le temps de tester mon montage, et mes nouvelles voiles… Ca se tente quand même mais ça devient tendu…

Avec l’aide de Bernard, le mât est prêt à être levé, et j’ai préparé mes ridoirs sur les filins qui le permettent.

Edit de la semaine suivante : Les grévistes qui ont bloqué Donge cette semaine auront classé l’affaire, sans essence, Arzal est bien loin de Nantes, pas de visite au bateau cette semaine.
La flotille débute dimanche prochain, c’est mort. :(

Mon bateau sans mât